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Changer le travail, une urgence à laquelle le PCF a décidé de s'attaquer

Le travail ne se réduit pas à l'emploi, même si dans le langage commun on confond souvent les deux en disant par exemple 'j'ai trouvé un travail', au lieu de 'j'ai trouvé un emploi'. Parler de son travail c'est parler de ce qu'on fait, de l'activité à laquelle on consacre la plus grande partie de sa vie éveillée, c'est aussi parler de ce que l'on est, de sa personnalité comme de la place qui vous est reconnue dans la société dont on fait partie.

 

L’émancipation par le travail aurait du connaître un accroissement sans précédent depuis une quarantaine d’années avec a) la ‘révolution informationnelle’ - qui prolonge l'intelligence humaine en permettant la mise en réseau des producteurs et l'accès de chacun à toutes les informations, ouvrant ainsi la voie à un mode de développement fondé sur la mise en commun et la coopération, b) les progrès considérables des connaissances – qui, associés à la révolution informationnelle, ouvrent la voie à un changement total dans l'organisation du travail, la conception du travail et sa place dans notre vie, et c) une économie tirée par les services dont l'efficacité repose sur la participation du bénéficiaire au processus de production et dont le process d’innovation repose donc sur les remontées d’expérience du travail.

 

Pourtant le travail est en crise. Les suicides au travail, l’explosion des maladies professionnelles comme de la dépense de médicaments, et notamment de tranquillisants, sont une des manifestations de cette crise, trop souvent occultée par les problèmes du chômage et de la précarisation des emplois.

 

De quelle crise du travail parle-t-on ?

Pour le patronat, mais aussi pour la plupart des directions des services publics, il n’y aurait pas de crise du travail. Il n’y aurait que des problèmes pathologiques que rencontrent certains salariés particulièrement vulnérables Pour la droite (et notamment l’UMP) la crise du travail serait avant tout un problème de « productivité du travail « qui serait trop faible, de « coût du travail » qui serait trop élevé, et d'incitation au travail, qui serait insuffisante en raison de prestations chômage trop élevées et d’une liberté donnée aux chômeurs de choisir leur emploi.

Le parti socialiste , lui, ne reconnaît qu'une crise des conditions de travail qui s’ajouterait à un emploi trop précarisé et à un mauvais partage des richesses. Enfin pour les écologistes, comme pour l’extrême gauche, le travail ne peut être qu'un instrument d’exploitation, lié à la nature même du contrat de travail et du lien de subordination qui le caractérise, et seule la réduction du temps de travail, permet au salarié de se libérer de l’aliénation une partie de la semaine

 

Pourtant, si les Français souhaitent plus que les autres peuples européens voir la place prise par le travail dans leur vie personnelle se réduire, notamment en raison du stress subi, comme des relations tendues avec leur hiérarchie, c'est aussi le peuple qui, en Europe, attend le plus du travail. Les jeunes notamment, lorsqu'ils en ont un, n'attendent pas seulement de leur travail, un bon salaire, une reconnaissance financière de leurs efforts. Ils attendent tout autant de leur travail, la possibilité d’enrichir leurs connaissances, d’acquérir de nouvelles compétences, de parler au positif de leur travail, et de valoriser leur activité professionnelle. Et il en attendent aussi des relations sociales riches au sein d’un collectif de travail, la possibilité de partager une éthique professionnelle, de participer à la production d’une œuvre de qualité.

 

Dès lors la souffrance au travail, qui touche plus particulièrement les salariés les plus investis dans leur travail, n’est pas avant tout le résultat du type d’activité exercée, de son intensité, ni même de sa pénibilité ou de la dégradation des conditions de travail,… mais le résultat du conflit entre des aspirations à faire de son travail dans l'entreprise un lieu de créativité, d'épanouissement personnel et d'une vie sociale enrichissante et les pratiques de management actuelles, les priorités que se donnent des directions d'entreprises avides de performances et de résultats financiers.

 

La priorité à la précarisation des emplois plutôt qu’à l’accroissement des compétences , les critères de gestion qui , du secteur privé à la fonction publique, privilégient le quantitatif au détriment du qualitatif, le court terme au détriment du long terme, le management par l’urgence, l'individualisation systématique de la gestion des salariés et leur mise en concurrence, la remise en cause des métiers et des qualifications, la généralisation de l'entretien d'évaluation annuel, qui, a pour but de mettre constamment le salarié en situation d'insécurité, tout en exigeant de lui un investissement sans limite dans son travail, comme la politique du changement perpétuel de structures, d'équipes, de missions afin de casser toute prise de conscience du 'travailleur collectif' ' et toute défense d'une éthique professionnelle donnant un sens à son travail, ...conduisent à faire du travail, non plus un facteur structurant de la personnalité du travailleur et des rapports sociaux au sein de la société, mais un facteur déstructurant, partie prenante de la véritable crise de civilisation dans laquelle nous sommes plongés.

 

Sortir par le haut de cette crise de civilisation, suppose une véritable transformation des rapports sociaux, à laquelle l'enjeu d'émancipation que représente le travail et donc la reprise en mains de leur travail (son contenu, son sens, sa finalité) par les salariés eux-même, contribuera de façon déterminante

 

Nous voulons investir en grand le travail pour le transformer, en permettant à chacun de faire de son travail une source d’épanouissement personnel et de contribuer par son pouvoir d'agir à la construction d'un développement humain durable, en redonnant sens au 'vivre ensemble' sur une même planète.

 

- permettre au salarié de se réaliser en tant que sujet dans son activité professionnelle, de réaliser un travail de qualité, qui soit reconnu et dont il soit fier.

Cela suppose de s'opposer à un travail considéré comme variable d'ajustement dont il faudrait réduire le coût , d'opposer à la mesure quantitative de la productivité horaire comme principal critère de gestion, celui du développement de partenariats de long terme, celui de la fiabilité des produits ou services offerts, celui de la prise en compte des retours d'expérience, ou celui de la créativité du collectif de travail... et donc de dégager sur le temps de travail hebdomadaire des temps de débat collectif sur la qualité et l'organisation du travail .

Cela suppose de se battre contre la gestion par le stress et pour des conditions et une organisation du travail stimulantes, permettant de développer l'autonomie créatrice du salarié dans la sécurité apportée par le collectif de travail.

Cela suppose de lutter contre la précarisation des emplois et le dé-tricotage du code du travail, et de mettre en place une sécurisation des parcours professionnels .

Cela suppose de lutter contre les horaires atypiques et de permettre au salarié de concilier vie familiale (personnelle) et vie professionnelle par une réduction de la durée hebdomadaire légale de travail (sans perte de salaire) et la maîtrise par le salarié du rythme de ses temps de travail et de vie hors travail.

Cela passe par la remise en cause de l'entretien d'évaluation - et de l'individualisation des rémunérations, qui, non seulement n'ont pas de sens mais vont à l'encontre de la nécessaire coopération entre salariés et la rémunération de la qualification acquise, au sein de l'appareil éducatif comme par l'expérience (les expériences) professionnelle(s) (développement de la V.A.E )

 

- permettre au salarié d' acquérir par son travail de nouvelles compétences et connaissances, et de se construire ainsi le parcours professionnel de son choix en tant qu'individu singulier.

Cela suppose de « placer la personne au centre de son parcours d'insertion et de développement professionnel, en partant de son projet de vie » (50ème congrès de la CGT), de s'opposer à toute obligation imposée au chômeur ou au jeune en insertion, d'accepter n'importe quel emploi et de lui donner les moyens de choisir son parcours professionnel en fonction de ses appétences et de ses aptitudes.

Cela suppose, non pas une adaptation de la formation initiale aux emplois offerts par les entreprises, mais la mise en place de formations professionnelles par les employeurs comme la mise en place d'organisations du travail 'apprenantes' , la création d'un nouveau statut du travail salarié et l'ouverture d'un droit individuel à une formation continue qualifiante.

 

- Faire du travail une source d'émancipation et transformer les rapports sociaux de production au sein de l'entreprise,.

Cela suppose de substituer aux rapports de concurrence et de domination au sein de l'entreprise -comme entre sites de production-, la coopération entre les producteurs de richesses, l'homogénéisation des contrats de travail, le renforcement des collectifs de travail, la reconnaissance du droit d'expression et d'intervention du salarié sur l'organisation du travail, la stratégie et la gestion de l'entreprise

Au creusement des inégalités et des exclusions, à la destruction des fondements du 'vivre ensemble', opposer l'égale dignité de chaque être humain, qui passe par la lutte pour l'égalité entre les femmes et hommes et un combat contre toute forme de discrimination, notamment concernant les salariés précaires. Les inégalités de salaires exorbitantes sont aussi une atteinte à cette égale dignité. L' éventail des salaires ne devrait pas dépasser une hiérarchie justifiée par les différences de qualification reconnues socialement.

Enfin un autre mode de production reposant sur le partage des savoirs, et des richesses produites, comme sur des pouvoirs d'intervention et de décision des salariés passe par un nouveau statut juridique de l'entreprise, le dépassement du statut de salarié ou de la subordination à l’employeur incluse dans son contrat de travail et un grand mouvement d'appropriation sociale (nationalisations, création de pôles publics, SCOP...)

 

C'est à ces différents objets de luttes et de construction d'un projet de société alternatif que le secteur Travail – Emploi a décidé d'apporter sa contribution

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